ANDRÉLIS-RYE
 
     
   

 

TEXTES

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S. BONNEFOY
 

Andrélis-Rye :
la peinture comme dessein

 
     

La galerie Lézard'ailleurs, à Saint Rémy de Provence, présente les peintures et sculptures d'Andrélis-Rye, et ce jusqu'au 2 juin.

 

La peinture d'Andrélis-Rye est nichée au creux du ventre, non qu'elle soit d'emblée féminine ou maternelle ou fécondante, même s'il y a de cela; mais elle exprime plutôt, le lieu d'un confort, le confort d'être cette peinture là, et d'être ces éléments là. II faudrait d'ailleurs parler d'une peinture dessinée, d'un dessein-peinture, tant elle s'organise autour d'un signe fort, surgit du fond même de l'intimité.

Divans et coussins d'une scène, girons et bras repliés des portraits de femme, ventres bombés ou creux et fesses des hommes. La trame à travers laquelle s'ourdit sa technique conduit à cette révélation: plis et plissures, ourlets, toitures, bordures, bords et rebords.

Les tortures des plis aboutissent, en quelque sorte, à l'accalmie définitive de la couleur. Ce n'est d'ailleurs pas une couleur, mais plus précisément un teintage, une teinte nuageuse, et, en terme de sensitivité, une caresse chromatique.

En ce sens, l'organisation du papier journal comme support organique et primitif —et dont ne s'effacent pas les résistances, au contraire—, tout en dessinant la feuille jusqu'au paroxysme, souligne ce bouillonnement taciturne des choses même lorsqu'elles surgissent et s'offrent dans l'attitude d'une calme volupté.

Apparaît alors la vie secrète et essentielle non des choses, mais de ceux qui y ont laissé les traces assouvies de leurs désirs.

 

 

 

 

 

   

texte de S. Bonnefoy, 1996
publié dans La Marseillaise du 22 avril 1996
à l'occasion d'une exposition d'Andrélis-Rye à la galerie Lézard'ailleurs à Saint-Rémy de Provence
 

   

   

   

   

   

   

   

   

   

   

   

   


 

 

 

 

 

 

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